L’essentiel
Le tutorat de votre faculté est utile et mérite presque toujours d'être suivi : il est gratuit ou presque, tenu par des étudiants qui ont réussi la première année, et collé à vos examens. Une prépa n'apporte pas plus de cours, elle apporte un cadre : une méthode, un plan de travail et quelqu'un qui suit vos résultats. La vraie question n'est donc pas « l'un ou l'autre », mais « qu'est-ce qui me manque ? »
En septembre, deux mots reviennent dans toutes les conversations de première année : le « tuto » et la « prépa ». Certains étudiants suivent les deux, d'autres un seul, d'autres aucun, et chacun a un avis tranché. Si vous êtes en Terminale et que vous anticipez, ou si vous êtes déjà en P1 et que vous vous demandez s'il manque quelque chose à votre organisation, cet article vous aide à y voir clair, sans parti pris.
Notre point de départ est simple : ces deux aides ne répondent pas au même besoin. Les comparer comme deux produits concurrents, c'est passer à côté de la vraie question.
Ce que fait le tutorat de votre fac
Le tutorat est tenu par des étudiants qui ont franchi la première année et poursuivent leurs études : ils étaient à votre place il y a peu. Ce sont eux que l'on appelle les « tuteurs », à ne pas confondre avec le tuteur qu'une préparation peut vous attribuer. Le tutorat prend le plus souvent la forme d'une association, soutenue par l'université. Son contenu change selon les facultés, mais on y retrouve en général :
- des séances d'entraînement en conditions d'examen (souvent appelées « colles ») ;
- des concours blancs, qui vous classent au sein de votre promotion ;
- des supports de révision rédigés par les tuteurs étudiants ;
- des permanences pour poser vos questions ;
- parfois une pré-rentrée et des séances consacrées à l'organisation.
À Toulouse, par exemple, l'université présente un tutorat associatif dont les services sont « entièrement gratuits » : entraînements en conditions d'examen, examens blancs, permanences, pré-rentrée, polycopiés (utoulouse.fr). Ailleurs, l'offre peut être plus réduite ou demander une petite adhésion. À l'échelle du pays, le tutorat est gratuit dans deux cas sur trois (fiche de l'Onisep sur l'accès aux études de santé, en lien dans les sources).
Pour le trouver, regardez la page de votre faculté de santé consacrée à la vie étudiante, ou demandez dès la réunion de rentrée : les tuteurs du tutorat se présentent en général eux-mêmes aux nouveaux étudiants pendant les premiers jours. Les inscriptions se font souvent en début d'année ; mieux vaut ne pas attendre le premier concours blanc pour s'y intéresser.
Ses forces sont réelles. Les tuteurs du tutorat ont passé les mêmes épreuves, souvent avec les mêmes enseignants : leurs entraînements ressemblent à vos examens. Les concours blancs vous situent face aux étudiants avec qui vous serez réellement classé. Et le tutorat est un lieu d'entraide, ce qui compte beaucoup dans une année où l'on se sent vite seul. Si votre faculté en propose un, suivez-le. C'est notre conseil, que vous soyez accompagné ailleurs ou non.
Ce que le tutorat ne peut pas faire à votre place
Il ne s'agit pas d'un défaut du tutorat, mais de sa nature. Ses tuteurs sont des étudiants, avec leurs propres examens ; ils s'adressent à toute une promotion. Trois choses restent donc entre vos mains :
- Votre méthode. Le tutorat vous donne des QCM ; il ne vous dit pas comment apprendre un cours pour y répondre juste. Un étudiant peut enchaîner les entraînements sans que ses résultats bougent, parce que le problème se situe avant : dans la façon de travailler le cours.
- Votre plan de travail. Quand réviser quoi, comment répartir les matières, que faire quand on prend du retard : personne ne le fixe pour vous.
- Le regard sur vos résultats. Un concours blanc vous donne un rang. Il ne vous explique pas pourquoi vous perdez des points en chimie et pas en anatomie.
C'est le piège classique de la première année : croire qu'il suffit d'en faire plus. Travailler plus ne suffit pas quand on travaille dans la mauvaise direction.
Ce qu'une prépa ajoute, et ce qu'elle n'ajoute pas
Une bonne prépa ne double pas vos cours. Ce qu'elle peut apporter, c'est précisément ce qui manque au tutorat : une méthode enseignée et corrigée, un plan de travail, et une personne qui suit vos résultats et vous aide à ajuster semaine après semaine.
Ce qu'elle n'ajoute pas, ou ne devrait pas ajouter :
- une seconde version de vos cours. Le cours de votre faculté reste la référence, puisque c'est sur lui que vous êtes évalué ;
- une charge qui écrase le reste. Si la prépa vous prend tellement de temps que vous n'apprenez plus vos cours, elle vous dessert ;
- votre travail. Elle vous montre comment travailler et vous aide à tenir le rythme ; le travail, lui, reste le vôtre.
Pour juger une préparation sur des critères concrets, nous avons écrit comment choisir sa prépa santé.
Trois situations, trois réponses
| Votre situation | Ce qui vous suffit probablement |
|---|---|
| Votre méthode fonctionne, vos résultats progressent, vous tenez votre rythme seul | Le tutorat, bien utilisé |
| Vous travaillez beaucoup, mais vos résultats aux QCM stagnent | Le tutorat, plus un travail sur la méthode |
| Vous ne savez plus par où commencer et vous accumulez du retard | Le tutorat, plus un plan de travail et un suivi |
Remarquez que le tutorat figure sur les trois lignes. La question n'est jamais de le remplacer, mais de savoir s'il vous faut quelque chose en plus.
Combiner les deux sans doubler sa charge
Suivre un tutorat et une prépa en même temps peut vite tourner à l'excès de supports. Quelques règles simples évitent cet écueil :
- Une seule source pour apprendre : le cours de la faculté. Les autres supports servent à comprendre ou à s'entraîner, pas à apprendre une seconde fois.
- Un seul thermomètre : les concours blancs du tutorat, puisqu'ils vous comparent à votre promotion. Les autres épreuves servent à progresser, pas à vous classer.
- Une banque de QCM principale par matière, terminée, plutôt que trois banques commencées.
- Un créneau fixe chaque semaine pour faire le point : ce qui a marché, ce qui a coincé, ce que vous changez la semaine suivante. C'est là qu'un suivi extérieur est le plus utile.
- Une demi-journée sans travail chaque semaine. L'année est longue : ce repos n'est pas du temps perdu, c'est ce qui vous permet de tenir jusqu'aux dernières épreuves.
Une semaine type, à adapter
- Du lundi au vendredi : les cours, puis la révision des cours du jour, le jour même.
- Un soir en milieu de semaine : la séance d'entraînement du tutorat.
- Le samedi : les QCM de la semaine et la reprise de ce qui a été raté.
- Le dimanche : une demi-journée de repos, puis le point de la semaine et le plan de la suivante.
Déjà en P1 : par où commencer cette semaine
- Si ce n'est pas fait, inscrivez-vous au tutorat de votre faculté.
- Notez la date du prochain concours blanc et prévoyez la semaine qui le précède.
- Relevez vos trois derniers résultats d'entraînement, matière par matière.
- Repérez la matière où vous perdez le plus de points, et demandez-vous pourquoi : le cours n'est pas su, ou il est su mais mal mobilisé dans les QCM ?
- Si vous ne savez pas répondre à cette dernière question, c'est votre méthode qui demande de l'aide, pas votre volume de travail.
Et si vous êtes encore en Terminale ?
Le tutorat commence avec l'année universitaire ; vous le découvrirez à la rentrée, et certains organisent une pré-rentrée. Pendant la Terminale, le plus utile est ailleurs : consolider vos bases et découvrir comment on travaille en première année. Nous détaillons cela dans préparer la P1 pendant la Terminale et dans le stage de pré-rentrée. Si vous vous demandez à quel moment vous décider, lisez quand s'inscrire en prépa santé. Et pour comprendre comment se déroule l'année elle-même, notre page la première année de santé pose les bases.
Notre proposition
Si vous êtes déjà en P1, le Système Medeos a été pensé pour s'ajouter à votre tutorat, pas pour le remplacer : la méthode en vidéo, un plan de travail, et un suivi individuel jusqu'au concours. Chez Medeos, votre tuteur n'est pas un étudiant du tutorat de votre faculté : c'est la personne qui vous suit, vous, regarde vos résultats avec vous et ajuste votre plan de travail. Vous gardez vos cours, vos colles et vos concours blancs ; nous vous aidons à en tirer davantage. Découvrir le Système Medeos.
Questions fréquentes
Le tutorat de première année est-il gratuit ?
Le plus souvent, oui : selon l'Onisep, les tutorats sont gratuits dans les deux tiers des cas, et sinon d'un coût abordable. Le tutorat est en général porté par une association d'étudiants soutenue par l'université. Renseignez-vous dès la rentrée auprès de l'association de tutorat de votre faculté.
Peut-on réussir sa première année de santé avec le tutorat seul ?
Oui, des étudiants y parviennent chaque année, en particulier ceux qui ont déjà une méthode qui fonctionne et savent tenir leur rythme seuls. Le tutorat fournit l'entraînement ; la méthode et l'organisation restent à votre charge.
Faut-il suivre le tutorat si l'on est déjà en prépa ?
Oui, dans la plupart des cas. Les tuteurs du tutorat connaissent les examens de votre faculté, et leurs concours blancs vous situent face à votre propre promotion. Une prépa sérieuse vous aidera à l'utiliser, pas à vous en détourner.
Est-il trop tard pour se faire accompagner en cours d'année ?
Non. Une méthode se corrige à tout moment, et souvent mieux après quelques semaines de cours, quand on voit précisément ce qui ne fonctionne pas. Les premiers concours blancs sont un bon moment pour faire ce point.