La première année de santé est une véritable montagne, mais personne ne vous apprend vraiment à la gravir. On vous annonce le volume, la sélection, la pression — et on vous laisse découvrir seul, en septembre, comment on travaille à ce rythme-là. C'est cette marche-là qui fait tomber des étudiants parfaitement capables.
Pourquoi travailler plus ne suffit pas
C'est le constat le plus dur à accepter : on peut travailler énormément et rester au milieu du classement. Parce qu'à volume de travail égal, deux étudiants n'obtiennent pas le même résultat. Ce qui les sépare, c'est la direction — l'un relit ses cours en se sentant productif, l'autre se teste, se trompe, corrige, et retient.
On vous demande de courir un marathon sans vous dire dans quelle direction. Travailler plus dans la mauvaise direction ne rattrape jamais une méthode.
Les premières notions académiques, en quatre panoramas
Le socle scientifique de la première année s'appuie notamment sur la biologie cellulaire, l'anatomie, la chimie et la physique. Les découvrir avant d'y entrer change tout : vous ne perdez plus les premières semaines à comprendre de quoi on parle. Voici nos panoramas, en accès libre et sans inscription — c'est le contenu que nous aurions voulu lire avant notre propre rentrée.
- 01Biologie cellulaire37 000 milliards de cellules, deux mètres d'ADN pliés dans chacune. Comprendre la cellule comme une cité, pas comme une liste d'organites à réciter.
- 02AnatomieOs, cœur, poumons, cerveau, sens. La matière où l'on croit devoir tout apprendre par cœur, alors qu'elle s'organise comme une machine.
- 03ChimieL'atome, le tableau périodique, l'eau, les liaisons, le carbone. Une matière de logique, pas de mémoire — à condition de voir pourquoi les atomes se lient.
- 04PhysiqueOsmose, pression oncotique, diffusion, ondes. Les lois physiques qui gouvernent votre corps, et que la médecine utilise tous les jours.
La méthode : ce qui se joue vraiment
Trois principes reviennent chez ceux qui s'en sortent, et aucun ne demande un don particulier.
Se tester au lieu de relire
Relire donne une impression de maîtrise que le contrôle démonte. Se poser la question avant de regarder la réponse est inconfortable, et c'est exactement pour ça que ça fonctionne.
Revenir plusieurs fois, à distance
Une notion vue une fois longuement s'oublie ; la même notion revue quatre fois brièvement, à des jours d'intervalle, s'installe. Le calendrier compte autant que le contenu.
Tenir la distance plutôt que faire des pointes
Neuf mois, ce n'est pas un sprint. Une cadence soutenable tenue jusqu'au bout bat toujours une série d'à-coups suivis d'effondrements.
Ce que vous pouvez préparer avant la rentrée
L'objectif n'est pas de prendre un an d'avance sur le programme, c'est d'arriver en terrain connu. Concrètement : avoir découvert les premières notions académiques, avoir déjà travaillé quelques chapitres de base, s'être entraîné sur des QCM, et disposer d'une organisation qui tient debout. Le jour de la rentrée, vous ne découvrez plus le terrain : vous le reconnaissez.
Comment se fait la sélection en fin de première année
On parle souvent du « concours » de médecine. Il n’existe pourtant pas d’épreuve nationale unique : le passage en deuxième année de médecine, de pharmacie, d’odontologie ou de maïeutique se joue sur un classement, établi par chaque université. La loi pose deux conditions : la « validation d’un parcours de formation antérieur dans l’enseignement supérieur » et la « réussite à des épreuves ».[1][2]
Des places fixées par chaque université
Depuis la rentrée universitaire 2020, le numerus clausus, qui fixait strictement le nombre d’admis, est supprimé : chaque université détermine chaque année le nombre de places en deuxième année.[1][4][5] Elle le fait au regard d’objectifs pluriannuels, arrêtés sur avis conforme de l’agence régionale de santé et des conseils territoriaux de santé.[1] Le nombre de places dépend donc de l’université et de la filière.
Aujourd’hui
Le système en place depuis la rentrée 2020
- Valider son année
Il faut d’abord valider ses 60 crédits ECTS. Sans cette validation, on ne peut pas candidater en deuxième année.[3]
- Un classement sur les notes de l’année
Le jury de l’université examine les notes et classe les candidats. Une partie d’entre eux est admise directement, dans la limite de la moitié des places offertes.[2]
- Une seconde chance
Avec une année validée mais sans admission, on poursuit en deuxième année de licence et l’on peut candidater une seconde fois : deux chances en tout.[3]
À partir de la rentrée 2027
Ce que la réforme annonce, si vous êtes en Terminale cette année
- Valider le bloc santé et le bloc disciplinaire, chacun avec au moins 10/20.[5][6]
- Un classement « fondé sur l’ensemble du parcours académique ».[5][6]
- Deux candidatures possibles : en fin de première année, puis en fin de deuxième année de licence.[5][6]
- Des épreuves orales « encouragées selon les organisations de chaque université ».[5][6]
- Le redoublement autorisé une fois.[5][6]
Ce qui n’est pas encore fixéCes règles sont celles que le Gouvernement a annoncées pour la rentrée 2027. La page de Service-Public qui les présente ne renvoie encore à aucun décret ni arrêté : leur détail peut évoluer.[6] Le calendrier, les trois blocs de la nouvelle année et ce qui ne change pas sont expliqués sur notre page Réforme PASS/LAS 2027.
Et la réforme ?
Une réforme de l'accès aux études de santé est annoncée, avec un passage vers une licence orientée santé. Ses grandes règles de sélection sont résumées ci-dessus ; pour le reste, nous ne prétendrons pas savoir ce qui n'est pas encore décidé. Ce qui ne change pas, en revanche : les bases scientifiques resteront les bases, et savoir travailler restera utile quel que soit le système. C'est précisément ce qui rend l'anticipation robuste au changement de cadre.
Réforme PASS/LAS 2027Ce qui change à la rentrée 2027Questions fréquentes
Faut-il une prépa pour réussir sa première année de santé ?
Non, aucune prépa n'est obligatoire : l'inscription passe par Parcoursup, et l'admission dans une filière se joue sur les résultats de l'année. Ce qui fait la différence n'est pas la prépa en elle-même, c'est d'arriver avec une méthode de travail et des repères sur le programme. Une préparation sert à gagner ce temps d'adaptation, au lieu de le passer à tâtonner après la rentrée.
Combien d'heures faut-il travailler par jour en première année ?
Il n'existe pas de nombre d'heures idéal, et c'est précisément le piège : à volume égal, deux étudiants n'obtiennent pas le même résultat. Ce qui compte est la manière de travailler, la régularité et la façon de se tester. Des heures passées à relire ses cours produisent moins que des heures d'entraînement actif bien organisées.
Quand commencer à préparer sa première année de santé ?
Il n'y a pas de date obligatoire. Ce qui aide vraiment, c'est de ne pas découvrir le rythme, le volume et les premières notions le jour de la rentrée. On peut s'y mettre pendant les vacances scolaires de Terminale ou pendant l'été qui précède, sur des périodes courtes et cadrées.
Quelles sont les matières de la première année de santé ?
Elles dépendent en partie de l'université. Le socle scientifique s'appuie notamment sur la biologie cellulaire, l'anatomie, la chimie et la physique appliquée au corps humain, à côté d'autres enseignements. Nos quatre panoramas en donnent gratuitement les premières notions académiques.
Je n'ai pas un niveau exceptionnel au lycée. Est-ce perdu d'avance ?
Non. Les résultats du lycée comptent pour entrer en première année, mais l'admission dans une filière se joue ensuite sur le travail de l'année elle-même. Le fondateur de Medeos a démarré sa première année en milieu de classement et l'a terminée 6ᵉ sur 1 500 de sa promotion. Ce qui a changé n'est pas son niveau de départ, c'est sa méthode de travail. C'est aussi la raison d'être de Medeos : la méthode s'apprend, contrairement à ce qu'on laisse croire.
