• Filière médecine
  • 10 à 12 ans après le bac

Les études de médecine

La filière qui mène au métier de médecin, généraliste ou spécialiste, et à celui de chirurgien. Sur cette page : comment y entrer, avant et après la réforme de 2027, les études année par année, puis les deux métiers racontés en vrai.

Accéder à la filière

Jusqu’à la rentrée 2026 comprise, on entre en 2ᵉ année de médecine après l’une des deux voies de la première année : le PASS (parcours d’accès spécifique santé, avec une option dans une autre discipline) ou une LAS (licence d’une autre discipline, avec une option santé). Dans les deux cas, un classement en fin d’année décide de l’admission.

Ce qui change à la rentrée 2027La première année change pour les bacheliers 2027 et après

À la rentrée 2027, le PASS et la LAS disparaissent. Une seule première année, organisée de la même façon dans toutes les universités, ouvre les cinq filières : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie. Si vous passez le bac en 2027, vous êtes la première promotion concernée.

Cette année se compose de trois blocs :

  • Le bloc santé24 à 30 crédits
    les connaissances scientifiques communes aux cinq filières, sur un programme annoncé comme allégé.
  • Le bloc disciplinaire24 à 30 crédits
    les enseignements d’une autre licence : biologie, droit, sciences humaines, soins infirmiers…
  • Le bloc transversal6 à 12 crédits
    communication, éthique, sciences humaines et sociales.

Pour candidater, il faudra valider le bloc santé et le bloc disciplinaire, avec au moins 10/20 dans chacun. Vous aurez deux occasions : à la fin de la première année, puis à la fin de la deuxième année de licence. Le classement portera sur l’ensemble de votre parcours, pas sur un seul examen : chaque semestre compte. Des oraux pourront s’y ajouter, selon les universités. Le redoublement sera permis une fois.

Sur Parcoursup, vous formulerez un vœu principal pour cette première année, complété d’un sous-vœu qui choisit la discipline du deuxième bloc.

D’autres portes s’élargissent : une passerelle pour les titulaires d’une licence complète, et des passerelles renforcées pour les professionnels paramédicaux qui ont validé trois ans de formation.

Si vous avez commencé un PASS ou une LAS en septembre 2026, une transition vers le nouveau programme est prévue à la rentrée 2027.

Ces principes ont été annoncés par le Gouvernement le 17 avril 2026. Les textes d’application en fixeront le détail, y compris le nom définitif de la licence : le dossier de presse parle d’une « licence orientée santé ». Au Parlement, une proposition de loi adoptée en première lecture par le Sénat le 20 octobre 2025 prévoit elle aussi une voie d’accès unique, au plus tard le 1ᵉʳ septembre 2027 ; elle a été transmise à l’Assemblée nationale.

Toute la réforme expliquée

Les études année par année

Chemin montant de la Terminale au médecin : P1 (1 an), 2e-3e année (2 ans), externat (3 ans), internat (4-6 ans), thèse — arc « 10 à 12 ans ».
Compte 10 à 12 ans selon la spécialité — salarié de l'hôpital dès l'internat.

6 étapes — 10 à 12 ans selon la spécialité

  1. Terminale — Parcoursup. Vous formulez vos vœux pour rejoindre les études de santé. Un dossier régulier et des spécialités scientifiques sont vos meilleurs alliés.

  2. La P1 (voies PASS ou LAS) — 1 an. L'année d'entrée : les bases scientifiques du corps humain, et un classement qui décide de votre admission en 2ᵉ année. Ce n'est pas réservé aux génies : ceux qui la réussissent sont très souvent ceux qui arrivent avec une vraie méthode de travail dès les premières semaines.

    À partir de la rentrée 2027, cette année devient la première année de la licence orientée santé : voir « Ce qui change à la rentrée 2027 » plus haut.

  3. 2ᵉ et 3ᵉ années — 2 ans. La sélection est derrière vous. Vous approfondissez les sciences médicales, vous découvrez la sémiologie (l'art de reconnaître les signes des maladies) et vous faites vos premiers stages.

    Ces deux années concluent le premier cycle : vous obtenez le DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales, de niveau licence).

  4. L'externat — 3 ans. La moitié de votre temps se passe à l'hôpital, au contact des patients. En 6ᵉ année, les épreuves nationales (EDN puis ECOS) classent les étudiants : ce classement vous permet de choisir votre spécialité et votre ville.

    La 6ᵉ année clôt le deuxième cycle avec le DFASM (diplôme de formation approfondie en sciences médicales, de niveau master).

  5. L'internat — 4 à 6 ans. Vous êtes un médecin en formation, salarié de l'hôpital : vos propres patients, vos prescriptions, vos gardes — toujours encadré. Médecine générale : 4 ans ; spécialités chirurgicales : jusqu'à 6 ans.

    L’internat suit trois phases : socle, approfondissement, puis consolidation, où vous êtes docteur junior, autonome sous la supervision d’un senior. 44 spécialités sont ouvertes : 30 médicales, 13 chirurgicales et la biologie médicale.

  6. La thèse — et votre premier jour. Vous soutenez votre thèse : vous voilà docteur en médecine. Reste à choisir votre façon d'exercer : cabinet, hôpital, remplacements, seul ou en équipe.

À suivre : une « licence orientée santé » unique a été annoncée en avril 2026 pour remplacer le PASS et la LAS, visée pour la rentrée 2027 — le calendrier peut encore bouger, et le PASS et la LAS restent en place pour la rentrée 2026. Quel que soit son nom, la première année restera classante.

Le diplôme

Le diplôme d’État de docteur en médecine, accompagné du diplôme d’études spécialisées (DES) de votre spécialité, après la thèse.

La durée

10 ans après le bac pour la médecine générale, 10 à 12 ans pour les autres spécialités.

Les métiers auxquels elle mène

La filière médecine mène à 2 métiers présentés ici : médecin et chirurgien. Pour chacun : une journée type, les façons d’exercer et la rémunération expliquée.

Médecin

Médecin : le métier en vrai

Sur 1 000 personnes qui ont mal quelque part, 250 poussent la porte d'un cabinet… et une seule finit au CHU, l'hôpital universitaire. Le médecin veille sur tout ce chemin.

Un seul diplôme, mille façons de l'exercer — et un salaire dès l'internat.

Un médecin stylisé au centre, relié à six pastilles rondes : cabinet, hôpital, urgences, pédiatrie, humanitaire, recherche.
Un seul diplôme, des dizaines de façons de l'exercer.

Sauver des vies, porter la blouse, être la personne qu'on appelle quand rien ne va plus : le métier de médecin fait rêver depuis toujours. On le résume souvent à guérir, alors qu'il se joue sur trois terrains : prévenir avant que la maladie arrive, guérir quand c'est possible, et accompagner quand la guérison n'est plus l'objectif — ce dernier terrain n'étant pas réservé à la fin de vie. La réalité est à la fois plus simple et plus riche que dans les séries : écouter, mener l'enquête, décider, accompagner — avec de vraies personnes en face, chaque jour. Et c'est un métier qui se vit de mille façons : au cabinet, à l'hôpital, en maison de santé, en mission humanitaire ou en laboratoire. Sur cette fiche, on vous montre à quoi ressemble vraiment le quotidien, pour que vous puissiez vous projeter les yeux ouverts.

Votre journée si vous devenez généraliste

Une journée type, au cabinet

  1. 7h45 — Ouverture. Vous ouvrez le cabinet, vous allumez l'ordinateur et vous jetez un œil aux résultats d'analyses arrivés dans la nuit. Le premier patient sonne déjà.

  2. 8h — Consultations. Un nourrisson à vacciner, une entorse de cheville, une grand-mère qui vient surtout pour parler. À chaque fois, la même démarche : écouter, formuler des hypothèses, examiner, décider.

  3. 12h30 — Pause… et administratif. Courriers aux spécialistes, ordonnances à renouveler, dossiers à mettre à jour : c'est la face cachée du métier.

  4. 14h — Visite à domicile. Chez un patient âgé qui ne peut plus se déplacer. Là, vous voyez la personne dans sa vraie vie — et c'est souvent là qu'on comprend le mieux.

  5. 15h — Retour au cabinet. La règle d'or du généraliste : penser d'abord au banal, sans jamais rater le cas rare qui doit filer à l'hôpital.

  6. 19h — Derniers dossiers. Dernier patient parti, vous terminez les dossiers du jour et vous rappelez le laboratoire pour un résultat que vous voulez vérifier.

  7. 20h30 — Un œil sur la science. Un peu de lecture médicale ou une formation à distance : la médecine évolue en permanence, et se former toute sa vie fait partie du métier.

Frise fine du matin au soir : sept moments de la journée d'un généraliste, du soleil levant au croissant de lune, avec leurs horaires.
De 7h45 à 20h30 : les consultations ne sont que la partie visible.

Où vous pouvez exercer

Trois façons de vivre le même métier

  1. Libéral — votre propre patron. Seul en cabinet ou en maison de santé avec d'autres soignants ; votre patientèle vous suit pendant des années. Grande liberté d'organisation : vous fixez vos horaires, vos jours de consultation, et le rythme que vous voulez tenir. Vous pouvez même exercer comme remplaçant — vous remplacez des médecins pendant leurs congés, d'un cabinet à l'autre, d'une région à l'autre : de quoi travailler partout en France, voir plusieurs façons d'exercer et voyager, avant de choisir où vous installer. En échange : pas de congés payés ni de RTT, et une charge de travail qui dépend entièrement du rythme que vous vous fixez.

  2. Salarié — l'équipe et la stabilité. À l'hôpital ou en centre de santé : salaire fixe, congés payés, temps de travail plafonné par la loi à 48 heures par semaine. En échange, vous suivez les horaires de la structure.

  3. Mixte — les deux à la fois. Vous êtes installé en libéral et vous faites des vacations (des demi-journées payées à l'hôpital) ou des gardes : l'autonomie du cabinet et la vie d'équipe dans la même semaine. Il faut aimer jongler.

Combien vous gagnez — et comment

Trois circuits, un même diplôme

  1. En libéral : payé à l'acte. Pas de salaire : chaque consultation rapporte 30 € (tarif fixé par l'Assurance Maladie, secteur 1). Mais honoraires ≠ revenu : environ la moitié part en charges — sur 30 € encaissés, il reste 15 à 17 € avant impôt. Un généraliste installé gagne en moyenne ≈ 8 000 € net par mois — les sources vont de ≈ 7 400 à 8 200 € selon qu'on interroge l'étude publique ou la caisse de retraite des médecins. Un jeune installé démarre souvent vers 5 000 à 6 500 €. Votre revenu suit directement le nombre de consultations que vous choisissez d'assurer.

  2. À l'hôpital : une grille + des gardes. Le praticien hospitalier est payé sur une grille nationale à 13 échelons qu'on gravit à l'ancienneté : de ≈ 3 900 € net par mois au 1ᵉʳ échelon à ≈ 7 900 € au 13ᵉ — la grille exacte est dans le livret ci-dessous. Temps plein = 10 demi-journées par semaine, dans la limite légale de 48 h ; les gardes et astreintes s'ajoutent au salaire.

  3. L'internat est déjà salarié — modestement. Les 4 à 6 dernières années d'études — l'internat, qui commence en 7ᵉ année après le bac — sont payées par l'hôpital. En 1ʳᵉ année d'internat, le salaire de base est de ≈ 1 300 € net par mois ; avec l'indemnité versée les deux premières années, on arrive à ≈ 1 600 €, et les gardes s'ajoutent (≈ 190 € net la nuit — avec 3-4 gardes par mois, on dépasse les 2 000 €). En face, de vraies semaines : 48 h maximum légal, ≈ 59 h en réalité (de ≈ 50 h en médecine générale à ≈ 75 h en chirurgie, selon les enquêtes des syndicats d'internes). C'est peu payé au regard des heures — mais vous n'attendez pas le diplôme pour commencer à gagner votre vie, et le détail année par année est dans le livret ci-dessous.

La grille de l'interne, année par année

Le salaire de base est fixé par arrêté : 19 406,35 € brut par an en 1ʳᵉ année (arrêté du 8 juillet 2022), soit ≈ 1 300 € net par mois avant toute indemnité — c'est le chiffre « bas » qu'on entend souvent. Les montants du tableau ajoutent les indemnités fixes (mais pas les gardes) :

Année d'internat≈ net / mois (hors gardes)Ce qui est compté
1ʳᵉ année≈ 1 600 €≈ 1 300 € de base + indemnité de sujétion (435,18 € brut/mois, versée les 4 premiers semestres seulement)
2ᵉ année≈ 1 750 €base + indemnité de sujétion
3ᵉ année≈ 1 900 €base seule : la sujétion s'arrête, la base augmente
4ᵉ année≈ 2 000 – 2 050 €prime de responsabilité incluse (179,50 € brut/mois) — hors médecine générale, où la 4ᵉ année est déjà l'année de docteur junior
5ᵉ année≈ 2 100 – 2 150 €prime de responsabilité incluse (356,16 € brut/mois)
Docteur junior (dernière année)≈ 2 200 – 2 300 €l'année en autonomie supervisée qui clôt l'internat — la 4ᵉ année en médecine générale, la 5ᵉ ou 6ᵉ ailleurs

Gardes en plus : 234,80 € brut la nuit de semaine (≈ 190 € net), 256,86 € la nuit du samedi au dimanche, le dimanche ou un jour férié — montants en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 (arrêté du 22 décembre 2023, revalorisation pérenne de 50 %). Avec 3 à 4 gardes par mois : ≈ + 550 à 750 € net.
Le temps de travail en face : 48 h par semaine maximum légal, gardes comprises — mais les enquêtes des syndicats d'internes mesurent ≈ 59 h en moyenne (≈ 50 h en médecine générale, jusqu'à ≈ 75 h en chirurgie), et 8 internes sur 10 dépassent le plafond.

La grille du praticien hospitalier — les 13 échelons
ÉchelonDuréeBrut annuel≈ net / mois
Échelon 12 ans55 607,79 €≈ 3 900 €
Échelon 22 ans58 082,41 €≈ 4 050 €
Échelon 32 ans62 148,07 €≈ 4 350 €
Échelon 42 ans66 567,09 €≈ 4 650 €
Échelon 52 ans68 688,21 €≈ 4 800 €
Échelon 62 ans71 162,83 €≈ 5 000 €
Échelon 72 ans76 465,74 €≈ 5 350 €
Échelon 82 ans79 647,54 €≈ 5 600 €
Échelon 94 ans90 549,14 €≈ 6 350 €
Échelon 104 ans94 557,64 €≈ 6 600 €
Échelon 114 ans99 810,26 €≈ 7 000 €
Échelon 124 ans105 062,89 €≈ 7 350 €
Échelon 13dernier112 416,56 €≈ 7 900 €

Grille nationale des émoluments au 1ᵉʳ juillet 2023 (source MACSF). Le net mensuel est une estimation avant impôt. Il faut environ 32 ans pour atteindre le 13ᵉ échelon. S'ajoutent les gardes et astreintes (une astreinte : environ 70 à 280 € la nuit) et diverses primes d'engagement.

Le libéral n'a pas de grille : la simulation

Hypothèses de la simulation : 4,5 jours de consultations par semaine (le rythme classique du généraliste : une demi-journée libérée dans la semaine, en plus du week-end) et 46 semaines travaillées par an (≈ 6 semaines de congés — non payés en libéral).

Rythme (sur 4,5 j / semaine)Honoraires / mois≈ net avant impôt
20 patients / jour≈ 10 350 €≈ 5 200 €
25 patients / jour≈ 12 900 €≈ 6 500 €
30 patients / jour≈ 15 500 €≈ 7 800 €

Base : consultation à 30 € (secteur 1), ≈ 50 % de charges. S'ajoutent les forfaits versés par l'Assurance Maladie (suivi de votre patientèle de médecin traitant, objectifs de santé publique), soit ≈ 10 à 15 % de plus : c'est ainsi que la moyenne nationale ressort à ≈ 8 000 € net.

Deux petites scènes : à gauche le libéral (médecin et patient, pièce de 30 €, barre charges/net) ; à droite le salarié (hôpital, escalier de grille, pastille gardes).
À l'acte en libéral, sur une grille à l'hôpital — gardes payées en plus.
Petite loupe violette dont la lentille contient un cœur terracotta traversé d'un tracé de battement cardiaque.

Fait pour vous si…

Vous aimez mener l'enquête — comprendre le corps, une maladie, un symptôme mystérieux. Vous savez vraiment écouter, vous gardez votre calme quand ça s'agite, et vous voulez que les sciences servent l'humain, tous les jours, en vrai. La curiosité fait le reste : la médecine s'apprend toute la vie.

Ce qu'on vous dit moins

Une vraie part d'administratif, des semaines pleines — et des études longues : la P1 n'est que la première marche d'un chemin de 10 ans et plus. Autant y aller pour les bonnes raisons : ceux qui exercent ce métier le décrivent comme passionnant.

Chirurgien

Chirurgien : le métier en vrai

Opéré le matin, dans votre lit le soir : plus de 6 opérations sur 10 se font aujourd'hui en ambulatoire — la chirurgie n'est plus celle des séries télé.

Un chirurgien commence comme tous les médecins : même P1, mêmes 6 premières années — puis 6 ans d'internat au bloc, où le geste s'apprend par compagnonnage, comme chez les bâtisseurs de cathédrales.

Un chirurgien stylisé en tenue de bloc au centre, relié à six pastilles rondes : bloc opératoire, hôpital, clinique, consultation, urgences, enseignement.
Un seul métier, plusieurs univers pour l'exercer — de l'hôpital public à la clinique.

Réparer un cœur, remettre un fémur d'aplomb, retirer une tumeur : peu de métiers agissent aussi directement sur la vie des gens. Le chirurgien est d'abord un médecin — mêmes six premières années d'études que tous les autres — qui a choisi d'aller au bout du geste : ses mains font partie du traitement. Et la réalité est plus riche que l'image du bloc : consulter, décider — parfois de ne pas opérer —, suivre ses opérés, transmettre. Sur cette fiche, on vous montre le vrai quotidien, les vrais chiffres et le vrai chemin, pour que vous puissiez vous projeter les yeux ouverts.

Votre journée si vous devenez chirurgien

Une journée type

  1. 7h15 — La visite. Avant d'opérer, vous passez voir vos opérés de la veille : la cicatrice, la douleur, le moral. (la visite, puis la contre-visite du soir : le suivi quotidien des patients hospitalisés) C'est là que vous vérifiez que tout va bien après le geste.

  2. 7h45 — Le bloc s'éveille. Tenue stérile, équipe au complet : anesthésiste, infirmière de bloc, aide opératoire. On déroule la liste de vérification à voix haute (identité du patient, côté à opérer, matériel) — la sécurité passe avant la vitesse.

  3. 8h — Première intervention. Une vésicule par cœlioscopie (opérer par trois ou quatre incisions de quelques millimètres, guidé par une caméra). Gestes précis, concentration totale — et toujours un plan B en tête si l'anatomie réserve une surprise.

  4. 10h30 — On enchaîne. Deuxième intervention du programme. Entre les deux, un mot à la famille du premier opéré : rassurer fait partie du métier.

  5. 13h30 — Consultations. Environ un tiers du temps du chirurgien se passe ici : expliquer une opération à venir, revoir un opéré… et parfois décider de ne pas opérer — la plus belle preuve de jugement.

  6. 18h — Contre-visite, comptes rendus. Un passage auprès des opérés du jour, puis chaque intervention se termine au clavier : le compte rendu opératoire. La part administrative du métier est réelle — et souvent sous-estimée.

  7. 19h30 — L'astreinte. Vous rentrez avec le téléphone d'astreinte (joignable de chez vous, prêt à revenir au bloc) : cette nuit, une appendicite qui ne peut pas attendre peut vous rappeler. La chirurgie ne dort jamais tout à fait.

Frise fine du matin au soir : sept moments de la journée d'un chirurgien, du soleil levant au croissant de lune, avec leurs horaires.
De la visite de 7h15 au téléphone d'astreinte : opérer n'est qu'une partie de la journée.

Où vous pouvez exercer

Trois façons de vivre le même métier

  1. Hôpital public — l'équipe et les cas lourds. Praticien hospitalier salarié : urgences, cancers, accidents graves — le plateau technique le plus lourd, et la transmission aux internes au quotidien. Salaire fixe sur grille et congés payés ; temps plein = 10 demi-journées par semaine, 48 h maximum légal, gardes et astreintes en plus.

  2. Clinique — le libéral, payé à l'acte. Une grande partie de la chirurgie programmée (prothèses, vésicules, cataractes…) s'y fait : vous choisissez votre équipe, votre rythme, et vos revenus suivent votre activité. En face : pas de congés payés, des charges élevées — et un rythme que vous choisissez, votre activité suivant.

  3. Mixte — les deux à la fois. Postes partagés, vacations (des demi-journées payées à l'hôpital) ou activité libérale à l'hôpital : la sécurité du salaire et la liberté de l'acte dans la même semaine. Des semaines à géométrie variable — il faut aimer jongler.

Combien vous gagnez — et comment

Les circuits de l'argent

  1. En clinique : payé à l'acte. Pas de salaire : chaque intervention a un tarif fixé par l'Assurance Maladie (la CCAM, le grand catalogue des actes) — de l'ordre de 250 € pour une appendicectomie à 600 € pour une prothèse de hanche (les actes de chirurgie sont majorés de 30 % depuis 2026 pour les chirurgiens conventionnés ; une refonte du catalogue est en cours cette année), et 26,50 € la consultation. Mais honoraires ≠ revenu : environ la moitié part en charges. En moyenne, un chirurgien libéral gagne ≈ 15 000 € net par mois avant impôt (≈ 180 000 € par an, DREES, revenus 2021) ; 83 % exercent en secteur 2 (honoraires libres encadrés : des dépassements s'ajoutent aux tarifs).

  2. À l'hôpital : une grille + des gardes. Le chirurgien praticien hospitalier est payé sur la grille nationale à 13 échelons, gravie à l'ancienneté : de ≈ 3 900 € net par mois au 1ᵉʳ échelon à ≈ 7 950 € au 13ᵉ — la grille exacte est dans le livret. Temps plein = 10 demi-journées par semaine, 48 h maximum légal. La garde de nuit sur place ajoute 422,03 € brut (≈ 350 € net) ; l'astreinte à domicile, un petit forfait + chaque déplacement payé.

  3. Et pendant les études ? L'internat est salarié. Les 6 ans d'internat de chirurgie sont payés par l'hôpital : ≈ 1 600 € net par mois en 1ʳᵉ année, jusqu'à ≈ 2 400 € en docteur junior (les 2 dernières années : vous opèrez en autonomie supervisée), gardes en plus (≈ 190 € net la nuit). En face, de vraies semaines : ≈ 75 h mesurées chez les internes de chirurgie — le détail année par année est dans le livret ci-dessous.

La paie de l'interne de chirurgie, année par année

Le chirurgien est un médecin : pendant les 6 ans d'internat de chirurgie, vous êtes salarié de l'hôpital. Salaire de base en 1ʳᵉ année : 19 406,35 € brut par an (arrêté du 8 juillet 2022), soit ≈ 1 300 € net par mois avant indemnités. Le tableau ajoute les indemnités fixes (mais pas les gardes) :

Année d'internat≈ net / mois (hors gardes)Ce qui est compté
1ʳᵉ année (phase socle)≈ 1 600 €≈ 1 300 € de base + indemnité de sujétion (435,18 € brut/mois, versée les 4 premiers semestres seulement)
2ᵉ année≈ 1 750 €base + indemnité de sujétion
3ᵉ année≈ 1 900 €base seule : la sujétion s'arrête, la base augmente
4ᵉ année≈ 2 000 – 2 050 €prime de responsabilité incluse (179,50 € brut/mois)
5ᵉ année — docteur junior≈ 2 200 – 2 300 €émoluments 28 495,49 € brut/an + prime d'autonomie supervisée (5 000 € brut/an) : vous opèrez, un senior reste joignable
6ᵉ année — docteur junior≈ 2 300 – 2 400 €émoluments + prime d'autonomie supervisée portée à 6 000 € brut/an

Gardes en plus : 234,80 € brut la nuit de semaine (≈ 190 € net), 256,86 € le samedi après-midi, le dimanche ou un jour férié (arrêté du 22 décembre 2023 : la majoration de 50 % des gardes est pérennisée depuis le 1ᵉʳ janvier 2024) — avec 4 à 5 gardes par mois : ≈ + 750 à 900 € net.
Le temps de travail en face : 48 h par semaine maximum légal, gardes comprises — mais l'enquête intersyndicale de 2023 (2 277 internes) mesure ≈ 75 h en moyenne chez les internes de chirurgie, 10 % des internes, toutes spécialités confondues, dépassant 80 h. C'est la famille de spécialités la plus dense de l'internat : le compagnonnage se paie en heures.
Sources : arrêté du 8 juillet 2022 (base) ; arrêté du 22 décembre 2023 (gardes) ; MACSF et ISNI, statut de docteur junior (montants en vigueur en 2026).

La grille du praticien hospitalier — les 13 échelons

À l'hôpital public, chirurgien ou médecin, même grille : celle du praticien hospitalier, gravie à l'ancienneté.

ÉchelonDuréeBrut annuel≈ net / mois
Échelon 12 ans55 607,79 €≈ 3 900 €
Échelon 22 ans58 082,41 €≈ 4 100 €
Échelon 32 ans62 148,07 €≈ 4 400 €
Échelon 42 ans66 567,09 €≈ 4 700 €
Échelon 52 ans68 688,21 €≈ 4 850 €
Échelon 62 ans71 162,83 €≈ 5 050 €
Échelon 72 ans76 465,74 €≈ 5 400 €
Échelon 82 ans79 647,54 €≈ 5 650 €
Échelon 94 ans90 549,14 €≈ 6 400 €
Échelon 104 ans94 557,64 €≈ 6 700 €
Échelon 114 ans99 810,26 €≈ 7 050 €
Échelon 124 ans105 062,89 €≈ 7 450 €
Échelon 13dernier112 416,56 €≈ 7 950 €

Grille nationale des émoluments au 1ᵉʳ juillet 2023, toujours en vigueur en 2026 (sources CNG et MACSF). Le net mensuel est une estimation avant impôt (cotisations ≈ 15 % du brut) ; pour ceux qui n'exercent qu'au public s'ajoute l'indemnité d'engagement de service public exclusif (≈ 1 010 € brut par mois). Il faut environ 32 ans pour atteindre le 13ᵉ échelon. S'ajoutent aussi — et en chirurgie elles comptent — les gardes de nuit sur place : 422,03 € brut la période (arrêté du 22 décembre 2023, en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2024 : la majoration de 50 % est pérennisée) et les astreintes à domicile (forfait unique de 70 à 280 € brut la nuit selon l'établissement, déplacements compris — barème en vigueur depuis novembre 2025).
En face : 10 demi-journées par semaine, 48 h maximum légal, gardes comprises.

Le libéral n'a pas de grille : la simulation

Hypothèses affichées : un chirurgien viscéral en secteur 1 (tarifs Assurance Maladie stricts), 2 jours de bloc + 2,5 jours de consultations par semaine, 46 semaines travaillées par an (≈ 6 semaines de congés — non payés en libéral), un acte opératoire moyen à ≈ 250 € (ordre de grandeur : le tarif du chirurgien seul, l'anesthésiste et la clinique étant payés à part), la consultation à 26,50 € (avis ponctuel de consultant : 60 €) et ≈ 50 % de charges.

Rythme hebdomadaireHonoraires / mois≈ net avant impôt
8 interventions + 30 consultations≈ 11 100 €≈ 5 500 €
12 interventions + 40 consultations≈ 16 100 €≈ 8 000 €
16 interventions + 50 consultations≈ 21 100 €≈ 10 500 €

Dans la vraie vie, la moyenne est plus haute : ≈ 180 000 € net par an (≈ 15 000 € par mois avant impôt) pour les chirurgiens libéraux — car 83 % exercent en secteur 2, avec des dépassements qui s'ajoutent aux tarifs ci-dessus, plus les gardes et astreintes en clinique (DREES, revenus 2021, publication de décembre 2024). L'accès au secteur 2 demandez d'ailleurs un titre hospitalier — ancien chef de clinique ou assistant. Dans les charges : aide opératoire, secrétariat, cotisations… et l'assurance responsabilité professionnelle, dont la prime est plafonnée par l'Assurance Maladie à 21 000 € par an en chirurgie et 25 200 € en gynécologie-obstétrique selon la spécialité.
En face : le téléphone d'astreinte qui peut sonner la nuit.

Deux petites scènes : à gauche la clinique (chirurgien au bloc, pièce de 192 €, barre charges/net) ; à droite l'hôpital (escalier de grille, pastille gardes).
À l'acte en clinique, sur une grille à l'hôpital — gardes et astreintes payées en plus.

Après l’externat : le chemin propre au chirurgien

Chemin montant de la Terminale au chirurgien : P1 (1 an), 2ᵉ-3ᵉ année (2 ans), externat (3 ans), internat de chirurgie (6 ans), thèse — arc « 12 ans ».
Compte 12 ans après le bac — salarié de l'hôpital dès la 7ᵉ année.
  1. L'internat de chirurgie — 6 ans. 13 spécialités chirurgicales (orthopédie, viscérale, neurochirurgie, ophtalmologie, urologie…), presque toutes en 6 ans. Salarié de l'hôpital, vous apprenez le geste par compagnonnage, bloc après bloc ; les 2 dernières années, vous êtes docteur junior : vous opèrez en autonomie supervisée. La thèse se soutient en cours de route : vous voilà docteur.

  2. Chirurgien — et après. Beaucoup enchaînent 2 ans comme chef de clinique ou assistant pour parfaire leur main, puis choisissent : hôpital public, clinique, ou les deux. Et on continue d'apprendre : compte ≈ 10 ans après le début de l'internat pour être vraiment aguerri.

Petit calot de chirurgien violet au-dessus d'un cœur terracotta recousu de trois points de suture.

Fait pour vous si…

Vous aimez faire de vos mains — bricoler, dessiner, jouer d'un instrument (la majorité des chirurgiens ont une activité manuelle depuis l'enfance — pas besoin d'être un prodige, un minimum suffit). Vous savez trancher : prendre une décision rapide et l'assumer. Vous gardez votre calme quand tout s'accélère, vous aimez le travail d'équipe — au bloc, on n'est jamais seul — et l'anatomie (la carte du corps humain) vous fascine plus qu'elle ne vous effraie. Le reste — le geste, la confiance, l'endurance — s'apprend par compagnonnage, année après année.

Ce qu'on vous dit moins

Des semaines très pleines pendant l'internat (≈ 75 h mesurées chez les internes de chirurgie), des gardes et astreintes toute la carrière, des heures debout au bloc, et une longue courbe d'apprentissage : environ 10 ans après le début de l'internat pour être aguerri. Surtout, une responsabilité qui ne se délègue pas : quand ça ne se passe pas comme prévu, le chirurgien a fait le geste et l'assume — en équipe, avec des réunions dédiées pour comprendre et progresser, jamais en accusant les autres. Si vous y allez, allez-y pour la bonne raison : quelqu'un souffrait, vous avez opéré, il va mieux — un résultat qui se voit, et un métier que ceux qui l'exercent décrivent comme passionnant.

Sources

Les informations sur l’accès, les études et les diplômes de cette page viennent de ces sources officielles, consultées le 1ᵉʳ octobre 2026.

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