Le cardiologue est le médecin de tout ce qui peut dérégler le cœur : la tension trop haute, le rythme qui s’emballe, l’artère qui se bouche, le muscle qui fatigue. C’est une spécialité de l’écoute et de l’image : on interroge, on ausculte, puis on regarde — l’électrocardiogramme (l’activité électrique du cœur), l’échographie (le cœur en mouvement, à l’écran), l’épreuve d’effort. Et c’est une spécialité qui se vit de plusieurs façons : au cabinet, à l’hôpital, en soins intensifs ou en salle de cathétérisme. Sur cette fiche, on vous montre à quoi ressemble vraiment le quotidien, pour que vous puissiez vous projeter les yeux ouverts.

Votre journée si vous devenez cardiologue

Une journée type, au cabinet de cardiologie
8h — Première consultation. Un patient envoyé par son médecin traitant pour un essoufflement. Vous l’interrogez, vous auscultez le cœur et les poumons, vous prenez le pouls et la tension, puis vous enregistrez un électrocardiogramme : il fait partie de la consultation du cardiologue.
9h30 — Échographie cardiaque. La sonde sur la poitrine, le cœur apparaît à l’écran : vous regardez les valves s’ouvrir et se fermer, le muscle se contracter, le sang circuler. C’est l’examen que vous aurez appris pendant tout votre internat.
11h — Épreuve d’effort. Le patient pédale sur un vélo pendant que son cœur est enregistré. Vous restez à côté de lui : le but est de voir comment le cœur réagit quand on lui en demande plus.
12h30 — Les courriers. Chaque patient vu repart avec un compte rendu pour son médecin traitant : ce que vous avez trouvé, le traitement, la date du prochain contrôle. C’est la face cachée du métier.
14h — Le suivi au long cours. Une hypertension à équilibrer, un patient revu après un infarctus, un traitement à ajuster : une grande partie du métier, c’est suivre des patients pendant des années.
17h — Un avis pour un confrère. Un médecin vous demande votre avis sur un électrocardiogramme qui l’inquiète. Le cardiologue est souvent celui qu’on appelle pour trancher.
Certains soirs — L’astreinte. Si vous travaillez aussi à l’hôpital, vous pouvez être d’astreinte ou de garde en soins intensifs de cardiologie, là où arrivent les infarctus et les cœurs qui lâchent.
Où vous pouvez exercer

Trois façons de vivre le même métier
Libéral — le cabinet. Le mode d’exercice le plus fréquent : 46 % des 7 704 cardiologues en activité au 1ᵉʳ janvier 2026. Seul ou en groupe, en cabinet ou en clinique : consultations, échographies, épreuves d’effort, et des patients que vous suivez pendant des années.
Salarié — l’hôpital. 23 % exercent comme salariés de l’hôpital : soins intensifs de cardiologie, explorations, salles de cathétérisme. C’est là qu’arrivent les urgences du cœur, et là que se font les gardes.
Mixte — les deux à la fois. 25 % combinent le cabinet et l’hôpital : l’autonomie du libéral, et l’accès au plateau technique et aux cas les plus lourds.
Combien vous gagnez — et comment
Trois circuits, une même spécialité
En libéral : payé à l’acte. La consultation du cardiologue est payée 52,50 € en secteur 1 (tarif de l’Assurance Maladie, électrocardiogramme compris) ; un avis demandé par un autre médecin, 60 €. Les examens — échographies, épreuves d’effort — ont chacun leur propre tarif. Mais honoraires ≠ revenu : une fois les charges du cabinet déduites, un cardiologue libéral a gagné en moyenne 170 766 € en 2024, soit ≈ 14 200 € par mois avant impôt. C’est une moyenne : environ un cardiologue libéral sur quatre exerçait en secteur 2 en 2021 (où les dépassements d’honoraires sont autorisés), et le revenu varie beaucoup avec l’activité et la région.
À l’hôpital : une grille et des gardes. Le cardiologue salarié est praticien hospitalier, payé sur la grille nationale à 13 échelons : de ≈ 3 900 € net par mois au 1ᵉʳ échelon à ≈ 7 900 € au 13ᵉ. Chaque garde de nuit, de dimanche ou de jour férié ajoute 422,03 € brut.
L’internat est déjà payé. Les 5 années d’internat sont salariées par l’hôpital : 19 406,35 € brut par an en 1ʳᵉ année hors indemnités, puis une progression chaque année jusqu’au statut de docteur junior (28 495,49 € brut par an). Les gardes sont payées en plus.
La grille du praticien hospitalier — les 13 échelons
| Échelon | Durée | Brut annuel | ≈ net / mois |
|---|---|---|---|
| Échelon 1 | 2 ans | 55 607,79 € | ≈ 3 900 € |
| Échelon 2 | 2 ans | 58 082,41 € | ≈ 4 050 € |
| Échelon 3 | 2 ans | 62 148,07 € | ≈ 4 350 € |
| Échelon 4 | 2 ans | 66 567,09 € | ≈ 4 650 € |
| Échelon 5 | 2 ans | 68 688,21 € | ≈ 4 800 € |
| Échelon 6 | 2 ans | 71 162,83 € | ≈ 5 000 € |
| Échelon 7 | 2 ans | 76 465,74 € | ≈ 5 350 € |
| Échelon 8 | 2 ans | 79 647,54 € | ≈ 5 600 € |
| Échelon 9 | 4 ans | 90 549,14 € | ≈ 6 350 € |
| Échelon 10 | 4 ans | 94 557,64 € | ≈ 6 600 € |
| Échelon 11 | 4 ans | 99 810,26 € | ≈ 7 000 € |
| Échelon 12 | 4 ans | 105 062,89 € | ≈ 7 350 € |
| Échelon 13 | dernier | 112 416,56 € | ≈ 7 900 € |
Grille nationale des émoluments au 1ᵉʳ juillet 2023 (source MACSF). Le net mensuel est une estimation avant impôt. Il faut environ 32 ans pour atteindre le 13ᵉ échelon. S'ajoutent les gardes et astreintes (une astreinte : environ 70 à 280 € la nuit) et diverses primes d'engagement.
La grille de l'interne, année par année
Le salaire de base est fixé par arrêté : 19 406,35 € brut par an en 1ʳᵉ année (arrêté du 8 juillet 2022), soit ≈ 1 300 € net par mois avant toute indemnité — c'est le chiffre « bas » qu'on entend souvent. Les montants du tableau ajoutent les indemnités fixes (mais pas les gardes) :
| Année d'internat | ≈ net / mois (hors gardes) | Ce qui est compté |
|---|---|---|
| 1ʳᵉ année | ≈ 1 600 € | ≈ 1 300 € de base + indemnité de sujétion (435,18 € brut/mois, versée les 4 premiers semestres seulement) |
| 2ᵉ année | ≈ 1 750 € | base + indemnité de sujétion |
| 3ᵉ année | ≈ 1 900 € | base seule : la sujétion s'arrête, la base augmente |
| 4ᵉ année | ≈ 2 000 – 2 050 € | prime de responsabilité incluse (179,50 € brut/mois) — hors médecine générale, où la 4ᵉ année est déjà l'année de docteur junior |
| 5ᵉ année | ≈ 2 100 – 2 150 € | prime de responsabilité incluse (356,16 € brut/mois) |
| Docteur junior (dernière année) | ≈ 2 200 – 2 300 € | l'année en autonomie supervisée qui clôt l'internat — la 4ᵉ année en médecine générale, la 5ᵉ ou 6ᵉ ailleurs |
Gardes en plus : 234,80 € brut la nuit de semaine (≈ 190 € net), 256,86 € la nuit du samedi au dimanche, le dimanche ou un jour férié — montants en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 (arrêté du 22 décembre 2023, revalorisation pérenne de 50 %). Avec 3 à 4 gardes par mois : ≈ + 550 à 750 € net.
Le temps de travail en face : 48 h par semaine maximum légal, gardes comprises — mais les enquêtes des syndicats d'internes mesurent ≈ 59 h en moyenne (≈ 50 h en médecine générale, jusqu'à ≈ 75 h en chirurgie), et 8 internes sur 10 dépassent le plafond.
Le chemin depuis la Terminale
- 1 anPremière année
- 2 ans2ᵉ et 3ᵉ années
- 3 ansExternat
- 5 ansInternat de médecine cardiovasculaire
7 étapes — 11 ans
Terminale — Parcoursup. Vous formulez vos vœux pour rejoindre les études de santé. Un dossier régulier et des spécialités scientifiques sont vos meilleurs alliés.
La première année de santé — 1 an. L’année d’entrée, commune à médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie, avec un classement qui décide de votre admission en 2ᵉ année. Installer une vraie méthode de travail dès les premières semaines y fait une grande différence.
2ᵉ et 3ᵉ années — 2 ans. Les sciences médicales, la sémiologie (l’art de reconnaître les signes des maladies) et les premiers stages à l’hôpital.
L’externat, de la 4ᵉ à la 6ᵉ année — 3 ans. La moitié du temps à l’hôpital. En 6ᵉ année, deux épreuves nationales : les EDN (épreuves de connaissances, sur tablette) et les ECOS (examens cliniques, face à des patients simulés). La note finale compte les EDN pour 60 %, les ECOS pour 30 % et votre parcours pour 10 % : c’est elle qui vous ouvre — ou non — la cardiologie, qui offrait 232 postes à l’internat en 2026.
Internat, phase socle — 1 an. Vous entrez dans le diplôme d’études spécialisées de médecine cardiovasculaire : les bases de la spécialité, en stage à l’hôpital.
Internat, phase d’approfondissement — 3 ans. Le cœur du métier s’apprend ici, avec un stage obligatoire en soins intensifs de cardiologie et un autre en explorations, consacré au moins pour moitié à l’échographie. Les textes fixent ce que vous devez avoir fait : 200 échographies cardiaques, 20 épreuves d’effort, 50 gardes en soins intensifs, 10 cardioversions (remettre un cœur dans son rythme par un choc électrique).
Docteur junior — la dernière année. Un an de consolidation en autonomie supervisée — deux ans avec l’option cardiologie interventionnelle ou rythmologie. Avec la thèse, vous voilà docteur en médecine, spécialiste en médecine cardiovasculaire.
Durée vérifiée sur le texte en vigueur : l’internat de médecine cardiovasculaire dure 10 semestres (1 an + 3 ans + 1 an). Méfiez-vous des sites qui annoncent 4 ans : c’était la première version de 2017. L’arrêté du 5 juin 2026, entré en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026, ne change pas cette durée. Pour la première année, une licence unique doit remplacer le PASS et la LAS à partir de la rentrée 2027 : elle restera classante.
Avant de vous décider
Fait pour vous si…
Vous aimez comprendre comment ça marche — une pompe, un circuit électrique, une plomberie — et vous aimez la technique autant que la relation. Vous voulez suivre des patients dans la durée, mais aussi savoir agir vite quand un cœur lâche. L’image, la précision du geste et le raisonnement vous attirent.
Ce qu’on vous dit moins
11 ans d’études, et une place à l’internat qui dépend de votre classement. Des horaires souvent chargés, des astreintes et des gardes en soins intensifs — un système que la profession elle-même décrit comme sous tension. Et une partie du métier se passe derrière un écran : comptes rendus, courriers, dossiers.
Sources
Chaque chiffre de cette page vient de l’une de ces sources, vérifiées le 22 octobre 2026.
- Arrêté du 21 avril 2017 relatif aux connaissances, aux compétences et aux maquettes de formation des diplômes d’études spécialisées (version en vigueur au 22 octobre 2026)Légifrance
- Arrêté du 5 juin 2026 modifiant les maquettes de formation des diplômes d’études spécialisées (JO du 6 juin 2026, en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026)Fédération hospitalière de France
- Cardiologue — fiche métier (18 avril 2025)CIDJ
- Arrêté du 4 août 2026 fixant le nombre d’étudiants de troisième cycle des études de médecine susceptibles d’être affectés, par spécialité, au titre de l’année universitaire 2026-2027Légifrance — JORF n° 0181 du 5 août 2026
- Épreuves dématérialisées nationales (EDN) : la réforme du deuxième cycle en actionCentre national de gestion (CNG)
- La démographie des professionnels de santé depuis 2012 — médecins au 1ᵉʳ janvier 2026 (publié le 2 juillet 2026)DREES — répertoire RPPS
- Les revenus nets d’activité indépendante par spécialité, 2022-2024 (janvier 2026)CARMF — caisse de retraite des médecins de France
- Études et Résultats n° 1322 — les revenus d’activité des médecins libéraux en 2021 (décembre 2024)DREES
- Tarifs des consultations en métropole (consultés le 22 octobre 2026)Assurance Maladie — ameli.fr
- Convention médicale : le déploiement des mesures (5 décembre 2024)Assurance Maladie
- Arrêté du 8 juillet 2022 relatif aux émoluments des praticiens hospitaliers, internes et docteurs juniors — version consolidée au 27 juillet 2026Légifrance
- Les majorations des indemnités de gardes du personnel médical sont pérennisées à compter du 1ᵉʳ janvier 2024 (arrêté du 22 décembre 2023)Fédération hospitalière de France (3 janvier 2024)
- Livre blanc de la cardiologie (Conseil national professionnel cardiovasculaire et Syndicat national des cardiologues)Société française de cardiologie
- La réforme de la première année : vers une simplification de l’accès aux études de santé (dossier de presse, 17 avril 2026)Ministère de l’Enseignement supérieur et ministère de la Santé