Un enfant n’est pas un adulte en petit : ses maladies, ses doses de médicaments, sa façon de dire qu’il a mal ne sont pas les mêmes, et elles changent d’année en année. Le pédiatre est le médecin de cette croissance, du nouveau-né de quelques jours à l’adolescent : il surveille que tout se développe normalement, il soigne quand ça ne va pas, et il explique aux parents, qui sont dans la pièce à chaque consultation. On l’imagine au cabinet ; il travaille en réalité surtout à l’hôpital — en maternité, en néonatologie, aux urgences pédiatriques. Sur cette fiche, on vous montre à quoi ressemble vraiment le quotidien, pour que vous puissiez vous projeter les yeux ouverts.

Votre journée si vous devenez pédiatre

Une journée type, dans un service de pédiatrie à l’hôpital
8h30 — Les transmissions. L’équipe de nuit vous raconte la nuit : un nourrisson qui a mal respiré, une fièvre qui ne baisse pas, une sortie possible. Vous faites le point sur chaque enfant hospitalisé.
9h — La visite. De chambre en chambre, vous examinez les enfants, souvent avec un parent à côté. Il faut examiner sans faire peur, et expliquer avec des mots que l’enfant et le parent comprennent.
11h — La maternité. Vous examinez les nouveau-nés des jours précédents avant leur sortie : le cœur, les hanches, les réflexes, le poids. Pour beaucoup de familles, vous êtes le premier médecin de l’enfant.
14h — Les consultations. À l’hôpital, ce sont des consultations spécialisées : un asthme difficile à équilibrer, le suivi d’un ancien prématuré, une croissance qui inquiète. Le suivi courant — vaccins, examens obligatoires — se fait plutôt au cabinet ou en PMI.
16h — Un appel des urgences. Un enfant arrive aux urgences pédiatriques et l’équipe a besoin de votre avis : faut-il l’hospitaliser ? En 2020, les enfants représentaient plus d’un passage aux urgences sur quatre en France.
18h — Les parents. Un diagnostic à annoncer, un traitement à expliquer, une inquiétude à apaiser. Le pédiatre soigne aussi la famille autour de l’enfant.
Certaines nuits — La garde. Urgences, maternité, néonatologie : quand vous êtes de garde, c’est vous que l’on appelle pour tous les enfants de l’hôpital.
Où vous pouvez exercer

Trois façons de vivre le même métier
L’hôpital — le plus fréquent. Environ deux pédiatres sur trois sont salariés, le plus souvent à l’hôpital : pédiatrie générale, néonatologie (les nouveau-nés, y compris les grands prématurés), urgences pédiatriques, réanimation. C’est là que se font les gardes.
Le cabinet — le suivi. Un peu plus d’un pédiatre sur cinq exerce uniquement en libéral : le suivi des enfants, les vaccins, les examens obligatoires, et des familles que vous accompagnez pendant des années. Environ un sur huit combine cabinet et hôpital.
La protection de l’enfance — la PMI. Jusqu’à 6 ans, les examens obligatoires peuvent aussi être faits en PMI (protection maternelle et infantile, un service du département), où des médecins suivent les jeunes enfants.
Combien vous gagnez — et comment
Trois circuits, une même spécialité
En libéral : payé à l’acte, selon l’âge de l’enfant. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la consultation du pédiatre est payée 40 € avant 2 ans, 35 € de 2 à 6 ans et 31,50 € de 6 à 16 ans (secteur 1). Une fois les charges déduites, un pédiatre libéral a gagné en moyenne 90 202 € en 2024, soit ≈ 7 500 € par mois avant impôt. En 2021, près d’un pédiatre libéral sur deux exerçait en secteur 2 (où les dépassements d’honoraires sont autorisés).
À l’hôpital : une grille et des gardes. Le pédiatre salarié est praticien hospitalier, payé sur la grille nationale à 13 échelons : de ≈ 3 900 € net par mois au 1ᵉʳ échelon à ≈ 7 900 € au 13ᵉ. Chaque garde de nuit, de dimanche ou de jour férié ajoute 422,03 € brut.
L’internat est déjà payé. Les 5 années d’internat sont salariées par l’hôpital : 19 406,35 € brut par an en 1ʳᵉ année hors indemnités, puis une progression chaque année jusqu’au statut de docteur junior (28 495,49 € brut par an). Les gardes sont payées en plus.
La grille du praticien hospitalier — les 13 échelons
| Échelon | Durée | Brut annuel | ≈ net / mois |
|---|---|---|---|
| Échelon 1 | 2 ans | 55 607,79 € | ≈ 3 900 € |
| Échelon 2 | 2 ans | 58 082,41 € | ≈ 4 050 € |
| Échelon 3 | 2 ans | 62 148,07 € | ≈ 4 350 € |
| Échelon 4 | 2 ans | 66 567,09 € | ≈ 4 650 € |
| Échelon 5 | 2 ans | 68 688,21 € | ≈ 4 800 € |
| Échelon 6 | 2 ans | 71 162,83 € | ≈ 5 000 € |
| Échelon 7 | 2 ans | 76 465,74 € | ≈ 5 350 € |
| Échelon 8 | 2 ans | 79 647,54 € | ≈ 5 600 € |
| Échelon 9 | 4 ans | 90 549,14 € | ≈ 6 350 € |
| Échelon 10 | 4 ans | 94 557,64 € | ≈ 6 600 € |
| Échelon 11 | 4 ans | 99 810,26 € | ≈ 7 000 € |
| Échelon 12 | 4 ans | 105 062,89 € | ≈ 7 350 € |
| Échelon 13 | dernier | 112 416,56 € | ≈ 7 900 € |
Grille nationale des émoluments au 1ᵉʳ juillet 2023 (source MACSF). Le net mensuel est une estimation avant impôt. Il faut environ 32 ans pour atteindre le 13ᵉ échelon. S'ajoutent les gardes et astreintes (une astreinte : environ 70 à 280 € la nuit) et diverses primes d'engagement.
La grille de l'interne, année par année
Le salaire de base est fixé par arrêté : 19 406,35 € brut par an en 1ʳᵉ année (arrêté du 8 juillet 2022), soit ≈ 1 300 € net par mois avant toute indemnité — c'est le chiffre « bas » qu'on entend souvent. Les montants du tableau ajoutent les indemnités fixes (mais pas les gardes) :
| Année d'internat | ≈ net / mois (hors gardes) | Ce qui est compté |
|---|---|---|
| 1ʳᵉ année | ≈ 1 600 € | ≈ 1 300 € de base + indemnité de sujétion (435,18 € brut/mois, versée les 4 premiers semestres seulement) |
| 2ᵉ année | ≈ 1 750 € | base + indemnité de sujétion |
| 3ᵉ année | ≈ 1 900 € | base seule : la sujétion s'arrête, la base augmente |
| 4ᵉ année | ≈ 2 000 – 2 050 € | prime de responsabilité incluse (179,50 € brut/mois) — hors médecine générale, où la 4ᵉ année est déjà l'année de docteur junior |
| 5ᵉ année | ≈ 2 100 – 2 150 € | prime de responsabilité incluse (356,16 € brut/mois) |
| Docteur junior (dernière année) | ≈ 2 200 – 2 300 € | l'année en autonomie supervisée qui clôt l'internat — la 4ᵉ année en médecine générale, la 5ᵉ ou 6ᵉ ailleurs |
Gardes en plus : 234,80 € brut la nuit de semaine (≈ 190 € net), 256,86 € la nuit du samedi au dimanche, le dimanche ou un jour férié — montants en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 (arrêté du 22 décembre 2023, revalorisation pérenne de 50 %). Avec 3 à 4 gardes par mois : ≈ + 550 à 750 € net.
Le temps de travail en face : 48 h par semaine maximum légal, gardes comprises — mais les enquêtes des syndicats d'internes mesurent ≈ 59 h en moyenne (≈ 50 h en médecine générale, jusqu'à ≈ 75 h en chirurgie), et 8 internes sur 10 dépassent le plafond.
Le chemin depuis la Terminale
- 1 anPremière année
- 2 ans2ᵉ et 3ᵉ années
- 3 ansExternat
- 5 ansInternat de pédiatrie
7 étapes — 11 ans
Terminale — Parcoursup. Vous formulez vos vœux pour rejoindre les études de santé. Un dossier régulier et des spécialités scientifiques sont vos meilleurs alliés.
La première année de santé — 1 an. L’année d’entrée, commune à médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie, avec un classement qui décide de votre admission en 2ᵉ année. Installer une vraie méthode de travail dès les premières semaines y fait une grande différence.
2ᵉ et 3ᵉ années — 2 ans. Les sciences médicales, la sémiologie (l’art de reconnaître les signes des maladies) et les premiers stages à l’hôpital.
L’externat, de la 4ᵉ à la 6ᵉ année — 3 ans. La moitié du temps à l’hôpital, dont des stages en pédiatrie. En 6ᵉ année, deux épreuves nationales : les EDN (épreuves de connaissances, sur tablette) et les ECOS (examens cliniques, face à des patients simulés). La note finale compte les EDN pour 60 %, les ECOS pour 30 % et votre parcours pour 10 % : elle vous permet de choisir votre spécialité et votre ville.
Internat, phase socle — 1 an. Vous entrez dans le diplôme d’études spécialisées de pédiatrie : les bases, en stage dans les services d’enfants.
Internat, phase d’approfondissement — 3 ans. Pédiatrie générale, néonatologie, urgences, réanimation : vous montez en autonomie. Le stage en urgences, réanimation pédiatrique ou SMUR comporte 26 gardes ; l’option néonatologie en demande 48 en réanimation néonatale.
Docteur junior — la dernière année. Un an de consolidation en autonomie supervisée — l’option réanimation pédiatrique ajoute un an à l’internat. Avec la thèse, vous voilà docteur en médecine, pédiatre.
Durée vérifiée sur le texte en vigueur : l’internat de pédiatrie dure 10 semestres (1 an + 3 ans + 1 an), 12 avec l’option réanimation pédiatrique. L’arrêté du 5 juin 2026, entré en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026, a modifié certains stages mais pas cette durée. Pour la première année, une licence unique doit remplacer le PASS et la LAS à partir de la rentrée 2027 : elle restera classante.
Avant de vous décider
Fait pour vous si…
Vous aimez les enfants, bien sûr — mais surtout, vous savez gagner la confiance d’un enfant qui a peur et d’un parent inquiet en même temps. Vous aimez prévenir autant que soigner, voir grandir, expliquer simplement. Et vous voulez une médecine variée : du nouveau-né à l’adolescent, ce sont presque plusieurs métiers en un.
Ce qu’on vous dit moins
Des gardes, surtout à l’hôpital, et des urgences pédiatriques très sollicitées. Une spécialité en tension : les délais d’attente pour voir un pédiatre se comptent parfois en mois. En libéral, des revenus parmi les plus bas des spécialités. Et des moments très durs, quand c’est un enfant qui est gravement malade.
Sources
Chaque chiffre de cette page vient de l’une de ces sources, vérifiées le 22 octobre 2026.
- Diplôme d’études spécialisées de pédiatrie — maquette en vigueur depuis le 1ᵉʳ septembre 2026Légifrance
- Arrêté du 21 avril 2017 relatif aux connaissances, aux compétences et aux maquettes de formation des diplômes d’études spécialisées (version en vigueur au 22 octobre 2026)Légifrance
- Arrêté du 5 juin 2026 modifiant les maquettes de formation des diplômes d’études spécialisées (JO du 6 juin 2026, en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026)Fédération hospitalière de France
- Arrêté du 4 août 2026 fixant le nombre d’étudiants de troisième cycle des études de médecine susceptibles d’être affectés, par spécialité, au titre de l’année universitaire 2026-2027Légifrance — JORF n° 0181 du 5 août 2026
- Mémento du candidat aux EDN (octobre 2025)Centre national de gestion (CNG)
- Épreuves dématérialisées nationales (EDN) : la réforme du deuxième cycle en actionCentre national de gestion (CNG)
- La démographie des professionnels de santé depuis 2012 — médecins au 1ᵉʳ janvier 2026 (publié le 2 juillet 2026)DREES — répertoire RPPS
- Examens de santé obligatoires de l’enfant (vérifié le 29 juillet 2026)Service-public.fr
- Tarifs des consultations en métropole (consultés le 22 octobre 2026)Assurance Maladie — ameli.fr
- Convention médicale : ce qui change en 2026 (22 décembre 2025)Assurance Maladie
- Les revenus nets d’activité indépendante par spécialité, 2022-2024 (janvier 2026)CARMF — caisse de retraite des médecins de France
- Études et Résultats n° 1322 — les revenus d’activité des médecins libéraux en 2021 (décembre 2024)DREES
- Arrêté du 8 juillet 2022 relatif aux émoluments des praticiens hospitaliers, internes et docteurs juniors — version consolidée au 27 juillet 2026Légifrance
- Les majorations des indemnités de gardes du personnel médical sont pérennisées à compter du 1ᵉʳ janvier 2024 (arrêté du 22 décembre 2023)Fédération hospitalière de France (3 janvier 2024)
- Assises de la pédiatrie et de la santé de l’enfant — dossier de presse (24 mai 2024)Gouvernement
- La réforme de la première année : vers une simplification de l’accès aux études de santé (dossier de presse, 17 avril 2026)Ministère de l’Enseignement supérieur et ministère de la Santé